31.03.2006
Qui est Ahmed-Chamanga ?
M. Ahmed-Chamanga, candidat à l'élection présidentielle de 2006 dans l'Union des Comores, est un linguiste né à Ouani (Anjouan, Comores) en 1952.
Après ses études secondaires, il se rend à Madagascar et en France. C'est dans ce dernier pays qu'il entreprend des études en linguistique. Dès 1976, il propose une méthode de transcription du shikomori, et commence à rédiger des articles sur le shikomori. En 1991, il soutient une thèse intitulée : Le shindzuani (Comores) : Phonologie, morphologie, lexique.
Un chercheur confirmé
Depuis, il a rédigé de nombreux ouvrages et articles sur le shikomori et a transcrit plusieurs contes comoriens, tout en participant à des colloques internationaux. Il est aujourd'hui un spécialiste reconnu de la langue comorienne. Il enseigne cette langue à l'Institut national des Langues Orientales depuis de nombreuses années. Grâce à ses activités de chercheur, il n'a jamais coupé les liens avec son pays natal puisqu'il y retournait réglièrement pour faire certaines études ou recueillir des contes dans les diverses régions de l'archipel et a toujours maintenu une collaboration intense avec le Centre national de documentation et de recherche scientifique (CNDRS, Moroni et Ouani), auprès duquel il est Chercheur associé. Depuis la création de l'Université des Comores, M. Ahmed-Chamanga se rend régulièrement dans son pays pour donner des cours dans cette nouvelle institution. Sa modestie et son sérieux dans le travail y sont très appréciés, à la fois par ses collègues et par ses élèves, avec lesquels il se montre très disponible.
Un homme de culture
M. Ahmed-Chamanga est également un homme de culture. Il a travaillé pour le développement et la reconnaissance de la culture comorienne, notamment à travers les contes.
Il a été pendant longtemps le Directeur-adjoint de la collection "Archipel des Comores" à l'Harmattan. Il s'est beaucoup investi pour que de nombreuses recherches en sciences humaines soient publiées.
En 2000, avec quelques amis, il a souhaité créer la première maison d'édition comorienne (KomEdit) pour promouvoir la culture comorienne. C'est un succès puisqu'en 5 ans, KomEdit a publié une vingtaine d'ouvrages parmi lesquels on retrouve des auteurs confirmés (Damir Ben Ali, Aboubacar Saïd Salim, Saindoune Ben Ali, Salim Hatubou...), et des jeunes prometteurs (Saïd Ahmed "SAST", Ambass Ridjali,...).
C'est aussi animé du souci de diffusion de la culture comorienne qu'il a soutenu activement la création de la revue Tarehi (Revue d'histoire et d'archéologie) qui paraît depuis 2001.
Anti-séparatiste
C'est en 1997, avec le déclenchement des événements séparatistes que M. Ahmed-Chamanga s'engage réellement en politique. La stratégie des séparatistes étaient alors de faire croire que tous les Anjouanais soutenaient le mouvement de sécession. L'embrigadement était de mise dans la diaspora, en France et ailleurs. De nombreux frères étaient happés par la folie. Il fallait réagir. Dès août 1997, présent aux Comores, il publie dans le journal national Al-Watwan trois articles dans lesquels il se démarque des idéologues du séparatisme, et choisit le chemin de l'unité nationale à défendre. Il devient alors la bête à abattre pour les séparatistes. Il est interdit de séjour dans son île natale. Méfiant envers les partis politiques, et vivant en France, il décide de regrouper d'abord les Anjounais qui sont contre la sécession dans une association dans le but de montrer que tous les Comoriens de cette île n'étaient pas en accord avec la folie qui y régnait. C'est l'association Fraternité Anjouanaise qui devient assez vite Fraternité Comorienne puisqu'il y avait déjà d'autres Comoriens qui se battaient à ses côtés.
La reconnaissance des Comoriens
Le journal de cette association Masiwa devient pendant trois ans l'étendard de ceux qui voulaient défendre l'unité nationale, et qui se trouvaient en France mais aussi aux Comores et dans d'autres pays. C'est ainsi qu'on le vit distribué par le Ministre des Affaires étrangères comorien lors de la conférence d'Addis-Abeba. Les séparatistes vivant en France, et qui s'étaient dangereusement rapprochés du mouvement d'extrême droite et royaliste "Action française" tentèrent alors de faire taire ce journal en portant plainte pour injure. C'est l'effet inverse qui se produisit puisque M. Ahmed-Chamanga et l'association Fraternité comorienne purent compter sur le soutien d'un plus grand nombre de Comoriens de la Diaspora qui assumèrent les frais de cette procédure.
Il reçut alors l'appui de la Diaspora comorienne à travers une résolution votée pendant la conférence de Marseille les 27 et 28 février 1999. En septembre 1998, c'est l'Assemblée nationale des Comores qui avait voté une résolution de soutien à l'intellectuel. Dans la foulée, reçu à Paris par le Président Tadjidine ben Massound, il eut le loisir de constater que celui-ci tenait à le féliciter pour ses positions. Il obtint également des encouragements appuyés de la part de Monsieur l'Ambassadeur des Comores en France, M. Saïd Hassane Saïd Hachim. C'est le temps aussi où le petit peuple des Comores entendit parler de "Chamanga" car une chanson composée par une femme, anonyme vante son courage sur la radio nationale et que les intellectuels enfin réveillés citent son exemple dans les divers journaux du pays.
En avril 1999, il est désigné, en compagnie d'un compatriote originaire de Mayotte, pour aller représenter la Diaspora à la Conférence de Tananarive. Indésirables par les diverses factions réunies à Madagascar, ils ont dû s'imposer pour pouvoir montrer le danger qu'il y avait à continuer à faire comme si les séparatistes représentaient l'ensemble des Anjouanais alors qu'ils servaient d'abord, et pour la plupart, leurs propres intérêts.
Le Président Taki lui avait demandé d'entrer dans son gouvernement, mais Ahmed-Chamanga ne comprenant pas où celui-ci voulait mener le pays avait décliné l'offre. De même, après le coup d'Etat d'avril 1999, M. Ahmed-Chamanga a, à deux reprises, refusé d'entrer dans un gouvernement de putschistes, et l'a dit clairement au colonel Azali lors d'une entrevue sollicitée par ce dernier, en lui faisant comprendre qu'il n'acceptait pas son coup contre un Etat qui était déjà "malade".
La fin du séparatisme ?
C'est en janvier 2001 que Chamanga a pu enfin se rendre dans son île natale et constater les dégâts accomplis par quatre années de séparatisme et de luttes fratricides. Sa présence, quelques jours, dans l'île, fut pour certains le signe du changement. L'accueil qu'il reçut à Ouani et à Mutsamudu lui confirma qu'il avait choisi le bon chemin en ne tournant pas le dos à l'unité et à la fraternité des Comoriens.
C'est sans doute en écoutant les récits des misères et des violences subies par la population qu'il décida de s'engager pleinement en politique. Pourtant, il refusa encore les sollicitations de ses adversaires, et même de ses amis qui le poussent à créer un parti politique. Il laissa mûrir son projet, et ce n'est que fin 2004 qu'il commença à donner sens à une proposition de certains de ses amis de se présenter aux prochaines élections présidentielles pour mettre en avant l'unité et l'intégrité des Comores dans les frontières reconnues par la communauté internationale. Il se rend alors aux Comores, sonde la population, s'y installe avant d'annoncer sa candidature aux élections de 2006.
Sa décision de se présenter aux prochaines élections présidentielles n'est donc pas motivée par la volonté de se réserver une place dans un futur gouvernement, il a déjà eu des propositions, qu'il a déclinées après avoir vu qu'elles ne pourraient pas servir les intérêts supérieurs du pays. Il souhaite tout faire pour remporter ces élections et montrer à ceux qui se complaisent dans la facilité depuis un certain nombre d'années que les Comores peuvent prendre un chemin différent de celui de la médiocrité, de la compromission et de la trahison. C'est à cette condition qu'un développement économique est possible.
Le Comité de campagne
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