03.04.2006

Mohamed Ahmed-Chamanga, le candidat de la diaspora

Agence comorienne de presse (HZK-Presse)

 

 

 
Comores / Politique & institutions

 

Election résidentielle 2006

 

Mohamed-Ahmed Chamanga, le candidat de la diaspora

 

 

 
Moroni, jeudi 30 mars 2006 (HZK-Presse) Parmi les 13 prétendants à la magistrature suprême, Mohamed-Ahmed Chamanga (54 ans), sans étiquette, fait figure d’un « outsider », un homme très peu connu dans le microcosme politique comorien mais qui, dans le contexte actuel, semble plutôt séduire les milieux intellectuels qu’il fréquente depuis plusieurs années pour avoir milité en France dans les rangs de l’association des étudiants et stagiaires comoriens (Asec).

 

 

Comme d’autres, à l’instar des Ali Haribou et Ali Bourhane, ce comorien originaire de Ouani (Ndzouani), installé depuis plusieurs années à l’extérieur, a su garder un sentiment national très fort, qu’il a prouvé durant la période noire du séparatisme anjouanais.

 

 

Mohamed Ahmed-Chamanga fut à l’initiative de la création du premier collectif de la diaspora contre le mouvement sécessionniste, juste au lendemain de l’indépendance « autoproclamée » de l’île en août 1997.

 

 

Il avait décliné l’offre des présidents Mohamed Taki et Azali Assoumani de participer dans leurs gouvernements respectifs, préférant garder ses distances avec les pouvoirs en place pour ne pas compromettre sa réputation d’homme de culture.

 

 

Son comité de soutien le considère comme « un des rares intellectuels comoriens d’origine anjouanaise qui à oser alors prendre la parole et dénoncer la dérive qui a amené une partie de la nation comorienne à la folie séparatiste ».

 

 

Dans sa déclaration, l’équipe qui entoure la candidature de Chamanga soulève des interrogations, en se demandant « comment un Président anjouanais peut présider aux destinées du pays alors que la loi de l’Union ne s’applique pas dans cette île », avec la crainte de voir sortir des urnes « un homme qui chercherait à imposer les idées séparatistes à la tête de l’Etat, ou un homme dont on douterait du patriotisme et de l’honnêteté ».

 

 

Chamanga fut désigné par le journal L’Archipel comme l’homme de l’année 1997, pour avoir osé dénoncer les dérives séparatistes, à travers ses nombreuses prises de position relayées dans la presse. « Son courage face à la crise séparatiste anjouanaise n’honore pas seulement Anjouan dont il est originaire, mais surtout les Comores dont il reste l’un des symboles de la fierté et de la dignité », écrivait le journal.

 

 

Mais pour Chamanga, « le mérite de la fronde anjouanaise est peut-être de permettre enfin un débat de fond sur le fonctionnement de l’Etat ». Et d’interpeller la classe politique à réagir pour « ne peut plus continuer comme si de rien n’était ».

 

 

Il a tenu son premier grand meeting de campagne hier mercredi à Mutsamudu, devant une foule nombreuse, surtout des jeunes, venus découvrir ce nouveau venu de la politique comorienne.

 

 

Sans gros moyens, Chamanga et son équipe comptent essentiellement sur la contribution des associations de la diaspora, grâce auxquelles le candidat a pu régler les 5 millions fc de sa caution, et confectionner quelques 3000 affiches.

 

 

Ses deux vice-présidents, Said Ahmed Said Toihir et Mme Anrifatilhairi Allaoui, sont professeurs. Selon Said Ahmed Said Tourqui, jeune écrivain, « Chamanga peut réaliser un score honorable ».

 

 

Mohamed-Ahmed Chamanga est enseignant de Langues en France à l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est le fondateur de la maison d’Edition Komédit et collabore avec la collection L’Harmattan.

 

       

 

El-Had Said Omar

 

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