03.04.2006

Programme (1) : Avant propos

Trente années se sont écoulées depuis que notre pays a accédé à son indépendance. Il n’y a pas de doute : celle-ci nous a apporté plus de dignité et de liberté, mais force est de constater que le pays est plongé dans une instabilité chronique, d’une part en raison de l’intervention de mercenaires étrangers, et d’autre part, à cause des coups d’Etat militaires, sapant ainsi toute possibilité de construction d’un Etat fort et de progrès socio-économiques.

Aujourd’hui le pays risque l’éclatement.

En effet, en 1997, Anjouan a déclaré son « indépendance », plongeant un peu plus encore le pays dans une crise sans précédent et mettant la nation comorienne en péril. Après de longues et difficiles négociations, la Constitution du 23 décembre 2001, donne naissance à l’Union des Comores, accordant une large autonomie aux îles.

Mais, en dépit des nombreuses résolutions des Nations Unies, Mayotte reste occupée par la France. Après quatre ans d'existence, l’Union des Comores a montré ses insuffisances. La mauvaise entente entre les hommes politiques n’a pas permis d’établir la confiance entre ses différentes composantes, d’où certains blocages observés dans le bon fonctionnement des institutions de l’Etat ces dernières années. Nous nous apercevons que si une constitution est nécessaire pour fixer les règles fondamentales du fonctionnement et de l’organisation étatique, elle ne se suffit pas à elle même, il faut aussi des femmes et des hommes animés de la volonté de servir l’Etat pour le bien-être du plus grand nombre.

Or, aujourd’hui, les autorités de l’Union n’ont pas rompu avec les pratiques qui ont conduit le pays dans une situation désastreuse : gestion opaque des finances publiques, administration moribonde, enseignement et emploi sacrifiés, jeunesse laissée pour compte, agents de l’Etat précarisés, santé publique négligée, environnement détruit, droits de l’homme bafoués, justice muselée, régionalisme exacerbé.

Comme si cela ne suffisait pas, les tiraillements entre les autorités continuent de plus bel et plongent la population dans une misère de plus en plus insupportable. Malheureusement, tel est le triste décor que les Comores offrent au monde. C’est dans ce contexte qu’en avril prochain, les Comoriens seront appelés à élire le Président de l'Union qui veillera aux destinées du pays pour les quatre années à venir. La nouvelle constitution impose une présidence tournante. Après le Président Azali Assoumani, c’est au tour d’un originaire de l’île d’Anjouan que revient la lourde tâche d’assurer cette présidence de l’Union.

Gageons que plusieurs fils de notre chère nation seront candidats à cette haute fonction. La plateforme qui suit regroupe les idées et les actions envisagées par l’un d’eux, Mohamed Ahmed-Chamanga s’est donné d’abord pour ambition de recréer les conditions d’une véritable réconciliation nationale puis de donner aux Comoriens l’envie et les moyens de reconstruire notre pays.

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