09.04.2006
Programme (6) : Quatre priorités
4. Exploiter au mieux les trois principales sources de croissance et d'amélioration des conditions de vie: Agriculture, Pêche et Tourisme
Le discours prononcé de façon générique par les responsables politiques conseillés par des experts insuffisamment imprégnés des réalités comoriennes, a toujours été de considérer les secteurs de l'Agriculture, de la Pêche et du Tourisme comme étant le moteur de la croissance économique et d'amélioration des conditions de vie de la population. Tenant compte des expériences réussies des pays insulaires (ex Seychelles (pêche et tourisme), Maurice (sucre)), cette affirmation reste vraie mais les politiques et programmes mis en œuvre dans notre pays n'ont produit que des résultats très limités.
Malgré la mise en place d'importants projets et programmes, le secteur agricole demeure toujours insuffisamment productif, et continue à fournir comme par le passé l'essentiel des emplois (70 %) ainsi que la quasi-totalité des exportations (96 %), avec comme conséquence directe l'incapacité du pays à couvrir ses besoins alimentaires de base par la production locale. Les disponibilités alimentaires insuffisantes pour couvrir les besoins de consommation de la population et des prix qui continuent à grimper; Comme résultat et selon des estimations de la FAO, le pourcentage de la population qui est sous-alimentée est passé de 51 % (soit près de 230000 habitants) en 1990-1992 à 60 % en 1998-2000 (soit 345000 sur une population estimée à 575000 en 2000). La pauvreté s'est installé dans les secteurs de l'agriculture et de l'élevage: les agriculteurs (près de 38 % des ménages pauvres dont le chef est agriculteur, environ 31 % des ménages comoriens pauvres) et les éleveurs (49 % des ménages pauvres dont le chef est pêcheur, 7 % des ménages comoriens pauvres, localisé surtout à Nagzidja) sont plus exposés à la pauvreté. Il s'agit donc bien d'un déclin du secteur agricole, qui s'explique par quatre facteurs principaux et sur lesquelles des solutions innovantes doivent être trouvées de toute urgence, si l'on veut éviter les menaces de famine dans les années à venir:
· Faible productivité, morcellement des parcelles cultivées (superficie moyenne cultivée de 0,25 hectares à Ngazidja, 0,21 à Ndzuani et 0,71 à Mwali) et augmentation des paysans sans terre, conséquences de la croissance démographique rapide (doublement de la population tous les 23 ans);
· Insécurité foncière due à une situation juxtaposant avec une grande confusion les droits coutumier, musulman et civil, et qui rend incertain l'achat et/ou l'héritage de la terre. Cette insécurité juridique s'ajoute aux conséquences de la croissance démographique sur les terres cultivables, les vols permanents ou la récolte d'une production qui n'arrive pas à maturité
· Prix mondiaux des cultures de rente (Vanille, Yang-Ylang, Girofle) très fluctuants, stagnation de la production comorienne et arrivée sur le marché international de nouveaux pays concurrents (Inde, Indonésie et Vietnam), avec comme conséquence, une surproduction mondiale et une baisse des prix encore plus forte dans les années à venir.
· Absence de contrôles sanitaires et phytosanitaires et présence continue des maladies des plantes et du cheptel.
Le secteur de la pêche a enregistré d'importants progrès notamment en terme de motorisation des embarcations et d'augmentation significative des captures. Toutefois, se secteur qui emploie près de 9000 pêcheurs et qui génère environ 32000 emplois indirects, enregistre une forte proportion de pauvres (54 % des ménages pauvres dont le chef est pêcheur, environ 4 % des ménages comoriens pauvres localisés surtout à Anjouan), en raison des coûts de production élevés (gazoil), de l'absence d'infrastructures de conservation et d'une mauvaise organisation de la filière. Dans le même temps, les ressources halieutiques exploitables dans les eaux comoriennes restent incertaines (entre 36000 et 85000 tonnes par an), peu profitables aux comoriens (13000 à 20000 tonnes par an), et font l'objet d'une pêche industrielle dans le cadre d'accords de pêche avec des partenaires étrangers, conclus et exécutés dans une absence totale de transparence et dont les revenus financiers effectivement collectés, n'ont pas été orientés vers le développement de la pêche nationale.
Dans le secteur touristique, il existe un potentiel non négligeable mais l'accent a été mis sur un tourisme de qualité pour notamment préserver l'environnement. Toutefois, la situation politique instable qu'a connue le pays, a abouti à la fermeture des principaux hôtels et fait fuir les investisseurs. Les politiques en matière de tourisme n'étaient pas non plus orientées vers la mise en place des infrastructures adéquates et des mesures d'incitation aux investissements privés, et en particulier, aucune politique pertinente n'a été mise en œuvre pour baisser le coût des transports aériens qui reste l'un des plus chers au monde, et qui constitue un handicap majeur pour le développement du tourisme.4.1. Améliorer la sécurité alimentaire pour tous les comoriens et garantir un minimum vital pour les populations dont la survie dépend de l'agriculture, de l'élevage et de la pêche
· Adoption et mise en œuvre d'une Loi sur la sécurité foncière
· Adoption et mise en œuvre d'une Loi portant limitation des surcoûts et taxes pénalisant les échanges inter-îles et entravant la compétitivité des produits locaux
· Renforcer les contrôles sanitaires et phytosanitaires par l'installation de laboratoires et des méthodes modernes, par la formation et par l'échange d'information avec les pays tiers relatives la sécurité alimentaire
· Développer la transformation grâce à l'incitation du secteur privé, pour les poissons et les fruits et légumes (Mangues, Tomates, Fruits à pain)
· Garantir la qualité et maintenir l'avantage comparatif des Comores, dans la production des produits de rente, et ce, à travers la recherche permanente de nouveaux marchés et la baisse des coûts de transport.
4.2. Promouvoir un écotourisme créateur de richesse et d'emplois stables· Inciter la classe moyenne à visiter les différentes régions du pays
· Promouvoir la destination Comores, dans la région et en Europe
· Former les acteurs capables d'impulser le développement de l'écotourisme (métiers du tourisme et de l'artisanat)
· Augmenter les structures d'accueil notamment pour un tourisme populaire autour des régions clefs.
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