09.04.2006
Programme (7) : Quatre priorités
5. Réhabiliter et mettre en place des modes de gestion des infrastructures de soutien à la croissance économique et à la création d’emplois
L'exploitation des sources de croissance économique -Agriculture, Pêche et Tourisme- et la relance du secteur privé, se trouvent aussi handicapée par la faiblesse des infrastructures économiques, de communication et énergétiques. Ces infrastructures de soutien à la croissance économique et de désenclavement des îles et des populations, coûtent extrêmement chers et mettent près d'une dizaine d'années entre les études préalables, la construction et la mise en exploitation.
Le réseau routier aux Comores qui totalise 849 km, dont 665 km de routes bitumées et 184 km de routes et pistes en terre, se caractérise principalement par une largeur de chaussée rétrécie, une augmentation du trafic, une mauvaise répartition sur l'ensemble du territoire, et un enclavement de régions à densité humaine et à forte production agricole et de pêche, surtout à Ndzuani et Mwali. De plus, la circulation routière est devenue tellement dense avec un parc automobile vétuste, qu'elle présente des risques pour les populations.
Dans le domaine des infrastructures portuaires, chacun des ports, -Moroni, Mutsamudu et Bwangoma-, présente de problèmes spécifiques et nous devons impérativement tirer les leçons des choix techniques non judicieux opérés lors de leur construction et des solutions palliatives préconisées à ce jour. Le port de Moroni construit pendant la colonisation, absorbe la majorité des activités commerciales du pays, et ne peut recevoir à quai des bateaux de fort tonnage et, des études montrent qu'il serait techniquement difficile d'améliorer le faible tirant d'eau actuel (7,5 mètres). Le Port de Mutsamudu construit en 1982 en tant que port d’accueil et de transbordement du trafic maritime national, se trouve ensablé par les sédiments transportés par la rivière se déversant dans le bassin port, réduisant fortement le tirant d'eau initial de 14 mètres et limitant fortement l'accès aux bateaux de fort tonnage. L'accès maritime de Bwangoma a été réalisé en 1999-2001 n'a pas atteint son objectif spécifique de désenclavement de l’île et de communication inter-îles, avec un pourcentage d'utilisation variant de 50 à 70 % dans l'année et un transbordement de passagers et de marchandises qui se réalise par des pirogues avec des risques d'accident.
Les infrastructures aéroportuaires se caractérisent par un trafic limité, une dégradation des pistes, l’absence d’équipements de sécurité et le manque de clôture, trois facteurs qui compromettent la sécurité du transport aérien inter-îles. Un projet d'agrandissement de l'aéroport international (AIMPSI) sis à Hahaya, est en cours.
Les télécommunications ont connu une diversification, avec la mis en place un réseau de téléphones mobiles en complément à celui des téléphones fixes déjà saturé depuis longtemps. L'accès par la population est très réduit en raison du coût élevé, tout reste à faire pour promouvoir les nouvelles technologies, et en particulier, l'accès à INTERNET.
Le secteur énergétique est dominé par une production d’électricité basée sur l’exploitation des centrales thermiques installées, avec des coûts et des pertes de production très élevés, associés à des prix parmi les plus cher du monde, limitant ainsi le développement du secteur privé et l'accès de l'énergie électrique par la population.
Nous devons corriger dans la mesure des ressources disponibles, la faiblesse des infrastructures économiques, de communication et énergétiques, due en raison de la crise politique et économique que le pays a connue et qui résulte aussi, des choix techniques contestables opérés par les responsables politiques, ainsi que de leur gestion déficiente. Cette faiblesse des infrastructures constitue un blocage à la relance de la croissance économique car elle handicape la compétitivité des entreprises par des coûts de facteurs de production très élevés, et elle limite les opportunités pour les investisseurs potentiels nationaux et étrangers. Aussi, vu la configuration géographique de notre pays en archipel de quatre îles, nous devons corriger les déficiences des infrastructures pour rendre visible la continuité territoriale, favoriser les échanges économiques et le contact entre les populations, et permettre un meilleur accès à l'énergie électrique et aux communications.
5.1. Redéfinir les priorités en matière d'aménagement des routes et des rues
· Concertation avec les partenaires locaux (Iles autonomes, mais aussi régions, villes et villages) afin de déterminer les priorités dans ce domaine et les possibilités de financement
· Prise en charge des aménagements nécessaires des axes les plus fréquentés et leur entretien régulier. Ces axes doivent recouper les routes prioritaires permettant le désenclavement de certaines régions et le renforcement des pôles économiques à vocation agricole ou touristique
· Initier une réforme visant l'amélioration de la qualité des services de transports urbains et inter-urbains
5.2. Accompagner les réformes en cours visant l'amélioration de la gestion des ports maritimes et restructurer les transports maritimes pour les rendre conformes aux normes de sécurité
· Soutenir le processus de relance des activités portuaires à Mutsamudu avec des opérateurs de renommée internationale, pour en faire un port à vocation régionale (Contrat signé en Août 2005 avec la Société danoise MAERSK), à travers la recherche d'une solution efficace et soutenable financièrement pour le désensablement du bassin du port
· Poursuite de la modernisation et l’agrandissement du port de Moroni
· Réalisation d'un bilan sur la cession de pavillons de complaisance et annulation des contrats signés avec certains armateurs douteux
· Inspection régulière de tous les bateaux de transport d’hommes et de marchandises entre les quatre îles, pour vérifier leur conformité avec les normes de sécurité en mer
· Rendre plus efficace la surveillance de nos côtes pour empêcher toute intrusion d’éléments étrangers dans l’archipel comme cela a été possible à plusieurs reprises dans le passé
5.3. Soutenir le développement du secteur privé dans le domaine des transports aériens et la mise en place d'une compagnie nationale avec des capitaux publics et privés
· Mise en place prioritaire d’une compagnie nationale, en associant des capitaux publics avec des capitaux issus de la Diaspora ou d’investisseurs étrangers ou encore en collaboration avec une grande compagnie internationale. Cette compagnie devra permettre le désenclavement de l’archipel en prévoyant des liaisons avec les pays voisins (Réunion, Afrique du Sud, Madagascar) ou avec des pays très visités par les Comoriens (Dubaï); et effectuer une liaison hebdomadaire entre Paris, Marseille, Moroni et Dzaoudzi
· Prospecter et encourager des sociétés privées à vocation régionale pour accompagner le développement du tourisme
5.4. Initier une réflexion nationale et les études préalables à la mise en place des infrastructures économiques, de communication et énergétiques, visant le développement à long terme des Comores
· Engager une réflexion visant la définition d'une stratégie de développement intégré et équilibré des infrastructures sur l'ensemble du pays
Intégrer ladite réflexion dans le plan de développement à long terme qui serait approuvé en 2008 et qui remplacera la Stratégie intérimaire de Croissance et de Réduction de la Pauvreté (SCRP-I).
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