30.04.2006
Déclaration de Mohamed Ahmed-Chamanga
Le peuple comorien a voté, et malgré les nombreuses irrégularités, que nous avons pu nous-mêmes constater, la Cour constitutionnelle a publié les résultats définitifs du scrutin du premier tour de l’élection du Président de l’Union des Comores. Il appartient à chaque citoyen, surtout à ceux qui ont des hautes responsabilités, de se conformer aux décisions de cette Cour sans introduire des ambiguïtés qui risquent d’être lourdes de conséquences pour notre pays.
Ces résultats ne nous sont pas favorables, loin de là. Cela signifie d’abord qu’un candidat qui n’est pas ancré dans le pays, qui n’a pas de parti et qui ne dispose pas de suffisamment de moyens a très peu chance de faire une bonne campagne et d’être élu, quelles que soient les idées qu’il défend. Nous en prenons acte.
Pendant plusieurs mois, de nombreux amis ici aux Comores et en France ont longuement travaillé pour nous permettre d’avoir un programme et un minimum de moyens pour lutter dans cette campagne. Avec certains d’entre eux, nous avons arpenté des villages à la rencontre de nos concitoyens. Cela a été très instructif, mais insuffisant, et nous mesurons la déception des uns et des autres qui ont cru en notre candidature. C’est pourquoi, c’est d’abord à eux que nous voulons adresser nos plus vifs remerciements en les appelant dans les mois à venir à approfondir notre travail.
Que tous les Comoriens qui nous ont apporté leurs suffrages reçoivent également toute notre reconnaissance.
Parmi les trois candidats qui restent en lice, M. Ahmed Abdallah Sambi est celui qui paraît avoir le plus de volonté et de capacité à réunir le plus grand nombre de Comoriens pour sortir le pays du marasme économique et politique.
Pendant la campagne, nous avons souvent développé les mêmes thèmes (sur l’éducation, la justice et le développement) dans les villages. Avant même le premier tour ses partisans ont contacté mon équipe en France pour que nous puissions nous retrouver au deuxième tour. C’est dans ces conditions que nous l’avons rencontré le 22 avril à Mutsamudu, et que nous avons pu discuter avec une grande franchise.
Après en avoir référé à mon équipe de campagne, et en avoir discuté avec les deux Vice-Présidents et nos partenaires du Congrès National pour l’alternance (CNA), nous avons décidé d’apporter notre soutien à M. Ahmed Abdallah Sambi, et appeler les Comoriens à voter pour le changement et l’espoir en lui apportant leurs voix.
Ouani, le 27 avril 2006
Mohamed Ahmed-Chamanga
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10.04.2006
Vivent les Comores
Mesdames, Messieurs,
La campagne pour les élections présidentielles des Comores est à présent officiellement lancée. Jusqu'à présent, mon équipe de campagne a privilégié le travail de terrain aux Comores et en France pour rendre possible ma candidature et expliquer aux uns et aux autres pourquoi cette candidature.
La communication au niveau des médias va compléter ce travail qui est mené concrètement depuis le mois de mai 2005. Dans ce blog, vous trouverez quelques informations sur ce que je compte faire si je recueille la majorité des suffrages de mes compatriotes le 16 avril puis le 15 mai prochain.
Vous pouvez également, par ce moyen, me faire directement vos suggestions et remarques, ou tout simplement rejoindre une des équipes de campagnes à Anjouan, à Ngazidja, à Mwali, à Mayotte ou encore à Paris, Marseille ou Bordeaux.
J'espère qu'avec tous les gens de bonne volonté, nous ferons que vivent les Comores dans l'unité et l'harmonie.
Mohamed Ahmed-Chamanga
Candidat aux élections présidentielles de 2006
03:06 Publié dans Chamanga | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Arrivée de Chamanga à Ouani

Chamanga avait passé plusieurs séjours dans sa ville natale sans annoncer officiellement sa candidature. Il revenait régulièrement à Moroni pour consulter ses partisans dans la capitale. Après deux réunions à Moroni (l'une avec la communauté ouanienne et l'autre avec des cadres nationaux) et après avoir honoré l'invitation d'un ami au cours d'un madjliss vendredi à Mbeni, le samedi 5 février 2006, il arrivait à Ouani pour annoncer officiellement sa candidature aux élections présidentielles.
Sous un soleil de plomb de nombreux partisans l'attendaient. L'accueil fut enthousiaste et chaleureux. Des groupes de femmes jouaient le tari et le mbiu. Les voitures étaient remplies de gens venus d'Ouani et des délégations de Domoni, Mutsamudu et Koni.
Au bout d'un instant toutes les voitures quittèrent l'aéroport, firent le tour de Ouani et de Mutsamudu en passant par Mirontsy (ville de l'écrivain Saindoune Ben Ali).
Le cortège a terminé sa course dans la ville natale de Chamanga où une prière (shidjabu, avec lecture de la sourate Ya Sin) fut lue dans sa maison. Les choses sérieuses allaient commencer le jour suivant.


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Programme (12) : Quatre conditions
10. Lutter contre les inégalités économiques, sociales et spatiales
La pauvreté aux Comores est la conséquence d'inégalités d'accès aux ressources économiques (terres, capital, métiers et professions), qui par ailleurs restent très limitées.
Cependant, les inégalités d'accès géographique aux infrastructures socio-économiques de base (Santé, Education, Marchés) ne sont pas criantes comparativement à la majorité des pays en développement et ce, par rapport au critère généralement retenu d'accès à cinq kilomètres ou à une heure de marche. Mais il convient d'observer que les inégalités sont essentiellement d'ordre qualitatif, liées à la mauvaise répartition des ressources humaines qualifiées (personnel enseignant et soignant) surtout en milieu rural.Il faut reconnaître aussi que nos traditions et coutumes entretiennent des inégalités sociales héritées d'un passé féodal, tels que le système des classes d'âge, certains aspects de la notabilité, l'héritage, le poids excessif du communautarisme inter et intra insulaire. Ces inégalités sociales font partie intégrante de notre culture, et ne peuvent être infléchies que dans le long terme à travers l'éducation en général et l'éducation civique en particulier.
Les inégalités spatiales inter et intra îles sont particulièrement visibles dans les domaines des transports et des communications. Les séparatistes en 1997 avaient comme leitmotiv la répartition inégalitaire de l'aide entre les îles. Les études de faisabilité réalisée après 1997 et certains programmes du Document intérimaire de Stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté publié en Octobre 2005, confortent ce sentiment d'inégalités spatiales. Dans la perspective de recherche de solutions durables à la crise séparatiste, un mécanisme d'affectation et de gestion des ressources financières émanant du budget de l'Etat, a été mis en place. Par contre, le fond du problème n'a pas été abordé par les responsables politiques:
i. Il existe un réseau d'infrastructures (routes, ports, aéroports, énergie, télécommunication) relativement suffisant, moyennant quelques prolongements nécessaires, mais qui nécessitent dans l'ensemble des travaux de réhabilitation considérables. Ces infrastructures, qui ne sont pas inscrites dans une politique cohérente d'aménagement du territoire, ont en plus un coût financier de construction ou d'entretien qui dépasse de loin les capacités budgétaires et nécessite donc des aides extérieures massives;
ii. L'inexistence d'un plan de gestion à moyen et long terme pour la pérennisation desdites infrastructures, qui devrait être établi par une autorité conjointe de l'Union et des Iles. Cela impliquerait une planification pluri annuelle d'entretien et de rénovation de l'intégralité du réseau. Toutefois, des priorités devraient donc être dégagées pour réhabiliter d'urgence lesdites infrastructures en fonction de leur degré de dégradation;
iii. L'absence de critères objectifs pour décider d'une politique de développement d'infrastructures. De même, la construction, la réhabilitation ou l'entretien d'une infrastructure ne peuvent être budgétisés au prorata des populations concernées, car ils dépendent de critères techniques objectifs (distance, relief,nature des sols, …).
Face à ce constat, nous pensons qu'il serait judicieux et pertinent de réfléchir dans le cadre de la bonne gouvernance économique, financière et sociale, à la mise en place d'une Haute Autorité des Infrastructures.
Créer auprès de l'Union, une Haute Autorité des Infrastructures chargée de gérer les infrastructures de manière durable au profit de toutes les populations· Mise en place des mécanismes institutionnels pour la création de la Haute Autorité des Infrastructures
· Constitution d'un corps de techniciens destinés à apporter leur expertise aux mécanismes de décisions
Systématisation du recours à un processus de décision participatif impliquant les acteurs économiques et sociaux concernés.
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Programme (11) : Quatre conditions
9. Préserver l’environnement et Prévenir les risques écologiques
La richesse et la diversité environnementales sont menacées par la croissance démographique rapide et par les risques de catastrophes naturelles: L'archipel des Comores est un des pays les plus densément peuplé au monde, avec une densité moyenne de 351 habitants au km² en 2002, inégalement répartie dans les quatre îles (Ngazidja 260 hbts/km², Ndzuani 619 hbts/km², Maoré 429 hbts/km² et Mwali 170 hbts/km²). Les Comores disposent d'une richesse et d'une diversité environnementales considérables. La survie de la population en grande partie pauvre extrême, dépend principalement des ressources naturelles qui n'arrivent plus à se régénérer en raison de cette forte pression démographique.La première série de problèmes environnementaux touche l'exploitation anarchique des ressources naturelles: (i) les forêts sont menacées de disparition en raison d'un déboisement accéléré lié aux besoins énergétiques croissant des ménages, de l’industrie de la transformation et du secteur de la construction; (ii) le littoral est surexploité, par un prélèvement incontrôlé du sable de mer, des coraux et des ressources halieutiques.
La deuxième série de problèmes concerne l'assainissement, qui en raison d'une surpopulation dans les villes et agglomérations, entraîne une insalubrité, d'importants déchets managers et hospitaliers non traités, et des risques de pollution multiples. Des dispositifs de gestion des déchets et d’assainissement, commencent à être mis en place mais ils sont très peu performants. Mais dans l'ensemble, la faiblesse des dispositifs d'assainissement constitue un problème majeur de santé publique, amplifié par l'absence de systèmes de gestions des eaux usées et pluviales.
De même, les cyclones, les éruptions volcaniques et les tornades constituent des menaces permanentes susceptibles d'entraîner des dégâts considérables avec destruction des plantes, de l'habitat, des terres agricoles et du sol. Enfin, l'Archipel des Comores comme toutes les autres îles du monde, n'est pas à l'abri des conséquences du réchauffement de la terre ou d'accident sismique dont le TSUNAMI est l'exemple le plus vivant resté aussi dans la mémoire des comoriens.
Les problèmes environnementaux sont complexes et présentent des conséquences humaines et économiques: (i) l'appauvrissement quantitatif et qualitatif des eaux, comme c'est le cas à Ndzuani; (ii) une mauvaise qualité des sols dont découle une baisse des rendements agricoles; (iii) une situation sanitaire et nutritionnelle dégradée; (iv) la dégradation des forêts et paysages côtiers, et la disparition des espèces rares (tortues, oiseaux et chauves-souris), qui des atouts touristiques importants (tourisme vert); (v) un cadre de vie, incluant l'habitat et l'assainissement, présentant un risque sanitaire et offrant un paysage urbain handicapant pour le tourisme, un des piliers d'un développement harmonieux.Le renforcement des politiques multisectorielles sur l’aménagement du territoire, le système foncier, l'habitat, l’eau, l’assainissement et, la gestion des déchets
· Concevoir un schéma d'aménagement du territoire qui tienne compte de la vocation naturelle des terres, et en particulier: (i) la délimitation claire des zones protégées, terrestres et marines, pour protéger la biodiversité, (ii) l'affectation judicieuse des terres agricoles en fonction de leur réelle possibilité d'affectation; (iii) la développement de pratiques urbanistiques visant à améliorer l'habitat compte tenu des problèmes d'environnement et d'assainissement urbains
· Systématiser l'utilisation des foyers améliorés pour les besoins de cuisson des ménages
· Encourager l'usage de matériaux de construction alternatifs à l'utilisation du sable marin et du ciment (briques en terre stabilisée, pouzzolane et concassés), et promouvoir des investissements privés pour rendre ces matériaux compétitifs
· Soutenir les collectivités locales et les ONG, dans la mise en place de systèmes opérationnels de gestion des déchets, et dans la réalisation systématique des campagnes de sensibilisation en matière d'assainissement et de gestion rationnelle des déchets
· Intégrer dans l'enseignement de base, une formation/sensibilisation destinée à induire des comportements propices à la protection de l'environnement.
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Programme (10) : Quatre conditions
L'utilisation judicieuse des ressources humaines et financières de la Diaspora pour un développement équilibré
La Diaspora comorienne représente environ 33 % de la population résidente des Comores, une importance numérique qui va de pair avec un très fort impact économique sur le pays, avec par exemple, 22 milliards de francs comoriens transférés en 2004, soit 42 millions d’euros; Ceci représente près de deux-tiers des besoins en devises pour couvrir les importations, et plus du double des recettes d'exportations principalement constituées par la vente de vanille, de girofle et d'ylanq-ylang. Ainsi, sur le plan macro-économique, les transferts en devises de la Diaspora contribuent significativement à équilibrer la balance des paiements, et donc, à faciliter une bonne gestion monétaire de l'Etat comorien. Aussi, en plus de soutenir la vie quotidienne de leurs familles, les membres de la Diaspora investissent dans l’aménagement des infrastructures de leurs quartiers et villages, dans la santé et dans l’éducation à travers de nombreuses ONG et associations.
Les Comores font partie des rares pays africains à avoir capitalisé dès l'indépendance, un fort potentiel de cadres supérieurs. Malheureusement, les politiques mises en œuvre n'ont pas incité une grande partie d'entre eux à servir directement leur pays, préférant l'expatriation pour s'épanouir intellectuellement et construire leur vie.
Force est de constater que les autorités n’ont pas su canaliser et utiliser au mieux les ressources humaines et financières de la Diaspora en créant les structures nécessaires. Pire, ces autorités ont profité des activités menées par la Diaspora pour abandonner leurs prérogatives et responsabilités vis-à-vis de l’aménagement du territoire, et des équipements socio-économiques de base dans l'éducation, la santé et l'eau.
Dans le même temps, pour masquer la réalité d'une augmentation régulière de la pauvreté, les responsables politiques et techniques tentent de démontrer que ces transferts importants de la Diaspora et plus généralement notre capital social, ont contribué à baisser la pauvreté. Il nous semble illusoire de considérer principalement, comme moyens de lutte contre la pauvreté, notre communauté de culture et des traditions, les nombreuses associations de développement, et l'importance des migrations qui constituent une source de revenus non négligeable pour les familles résidentes dans l'archipel des Comores. Car, il faut distinguer entre un capital social intra-îles qui a toujours été élevé et entretenu surtout à Ngazidja, et un capital social inter-îles toujours fragile et qui s’est détérioré ces dernières années, résultat de la mauvaise gouvernance politique et économique. L'impact du capital social et en particulier des transferts, sur la réduction de la pauvreté ne serait donc limité que sur certaines franges de la population comorienne. Et par ailleurs, cette source de revenus n'est-elle pas amenée à tarir ? Il n'est pas évident que la seconde génération des enfants issus de la migration soit à même de pérenniser ce capital social, sans compter la sélectivité migratoire liée aux difficultés à entrer en France ainsi que l'absence de circulation des personnes et des biens entre Maoré et les trois îles de l'Archipel, imposée par la France à partir de 1994.
Dans le principal pays d’accueil (France), comme ailleurs, et malgré de nombreuses tentatives aucune organisation de la Diaspora n’a pu voir le jour pour parler et agir au nom de la communauté comorienne. Pourtant, la constitution de 2001 prévoit la naissance d’une telle organisation représentative. Cela provoque une marginalisation de la Diaspora et de son action au niveau politique. Ainsi, même si les diverses constitutions du pays proclament qu’aucun comorien ne peut perdre sa nationalité, dans les faits les membres de la diaspora sont des non-citoyens comoriens qui ne peuvent ni voter ni se présenter aux diverses élections sans conditions. Cela a découragé trop de bonnes volontés, et maintien l’action de la diaspora uniquement sur des activités presque exclusivement communautaires.
De même, en France où les Comoriens sont nombreux, on a pu observer une défiance de la Diaspora envers une représentation diplomatique qui ne se soucie jamais d’elle et des problèmes qu’elle rencontre. L’Ambassade des Comores en France est trop éloignée des Comoriens, à Paris, mais aussi et surtout de tous ceux qui sont en province et qui sont obligés de venir à Paris pour accomplir des démarches d’une faible importance.
L’Etat doit donner les mêmes droits et devoirs aux Comoriens de l’extérieur qu’au citoyen vivant au pays. La Diaspora doit assumer ses devoirs dans l'œuvre de reconstruction nationale et, l’Etat comorien doit se rapprocher d'elle afin de l’aider à mieux s’organiser, faciliter le transfert d’argent et orienter autant que faire se peut, l’investissement de cet argent dans des secteurs productifs et créateurs d’emplois.
8.1. L'Etat aux côtés de la Diaspora, pour les mêmes droits et devoirs· Rendre effectif le droit de vote de la Diaspora et la participation à toute élection nationale sans condition de délai de résidence
· Créer une Ambassade à Paris digne de ce nom et fournir des services consulaires dans les villes à forte présence de la Diaspora …
· Elaborer un statut du migrant, qui comme pour les autres africains, permettra aux travailleurs comoriens de pouvoir se déplacer plus facilement dans les pays francophones
· Améliorer le statut de l'étudiant comorien et faciliter l'insertion professionnelle
· Mise en place d'un Conseil des Comoriens de l’extérieur, en associant pleinement les organisations de la Diaspora les plus actives. Cette structure représentera les Comoriens de l’Extérieur et défendra les intérêts de ceux-ci, aussi bien dans les pays d’accueil, qu’auprès des autorités comoriennes
8.2. Sensibiliser la Diaspora pour une épargne productive dans les institutions de micro-crédits, au bénéfice des générations futures· Création des structures locales qui doivent orienter, encadrer et suivre les initiatives socio-économiques des membres de la Diaspora au pays. Ces structures seront aussi disponibles pour fournir à tout investisseur extérieur la documentation et les renseignements nécessaires sur le pays
· Réalisation des campagnes de sensibilisation auprès des membres de la Diaspora, en vue d'une mobilisation d'une épargne à long terme, destinée à être investie dans des projets productifs et créateurs d'emplois aux Comores
8.3. Mettre en place un service national volontaire de la Diaspora, pour aider au renforcement des capacités humaines et techniques· Recensement volontaire auprès de nos Ambassades et Consulats, des techniciens, cadres et chercheurs comoriens résidant à l'étranger
Mise en place d'un programme d'accueil des comoriens de la Diaspora désireux de servir leur pays sur une base volontaire pendant une durée maximale d'un mois, dans leur domaine de compétences respectif, et dans l'objectif d'apporter des conseils et appuis techniques aux différents acteurs de la vie économique et sociale des Comores.
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Programme (9) : Quatre conditions
7. La Culture et le Sport: facteurs de développement et socles de l’unité nationale
Depuis toujours, la Culture et le Sport ont toujours été le parent pauvre de notre pays. Les régimes successifs n’y ont jamais attaché une réelle importance, or force est de constater que là où les politiques échouent sur le plan de l’unité nationale, la Culture et le Sport ont toujours réussi à surmonter les questions de séparatisme et à réunir tous les enfants de nos quatre îles.
Contrairement à une idée reçue, la Culture n’est pas un privilège ou un caprice pour les pays économiquement développés. Elle est le fondement de toute société, car elle constitue l’identité de tout un peuple. Il est vrai que les raisons avancées du séparatisme sont économiques. Cela est indéniable. Mais elles sont surtout d’ordre identitaires. Il est donc impératif que notre pays reparte à la conquête de sa propre Culture pour en faire une rampe contre toute tentative de balkanisation, pour que tout un chacun sache qui il est afin d’éviter toute manipulation.
Les Comores étant un archipel très riche culturellement, il est possible d’en faire une réelle «République des Cultures» reconnue sur le plan international. Ainsi, plusieurs actions doivent être mises en place assez rapidement. Pour mener à bien ces missions, il sera judicieux de créer un véritable Ministère de la Culture qui travaillera en étroite collaboration avec le Ministère de l’Education Nationale, puisque l’école doit rester un canal privilégié pour la transmission de notre Mémoire et de notre Identité. Certes, il faut un minimum d’autofinancement, mais avec des projets ambitieux, il est possible de dégager les financements nécessaires. Une telle politique culturelle ne peut connaître de succès que si les pouvoirs publics implique et sensibilise les artistes, la population et les promoteurs culturels dans les actions prévues. Dans ce domaine, notre pays doit faire preuve d’une réelle ambition, à la hauteur de sa Culture qui est, quoi qu’en pensent certains détracteurs, l’une des plus riches au monde.
7.1. Mettre en œuvre des projets ambitieux pour promouvoir la culture en tant que socle de l'unité nationale, et pour faire de l'Archipel des Comores, une réelle "République des Cultures" reconnue sur le plan international· Réfléchir sur une meilleure transmission: (i) Construire des Maisons de la Culture dites Nyumba za Utamaduni destinées aux enfants et aux jeunes afin d’ancrer la Culture dans les esprits dès la plus tendre enfance; (ii) Mettre au programme, dès l’école primaire, l’enseignement de notre Histoire, de notre musique, de nos danses, de notre littérature; (iii) Promouvoir les échanges culturels inter-îles en organisant des séjours culturels à l’intérieur de l’archipel; (iv) Baptiser les places, les rues, les écoles… avec les noms de ceux qui ont fait l’Histoire de notre pays, de nos héros (Masimu, Mtsala, Patiara, Msafumu…), cela renforcera la notion de patriotisme; (v) Encourager les télévisions et radio existantes à mettre des programmes axés sur la culture comorienne; (vi) Sauvegarder le patrimoine oral en allant dans les villages pour recueillir chants, contes, proverbes.
· Rendre la culture accessible à tous les comoriens: (i) Détaxer les objets culturels qui permettront à chacun de s’acheter un livre ou un CD (en signant par exemple les Accords de Florence); (ii) Envisager la construction des salles polyvalentes qui serviraient à la fois de Cinéma, de Théâtre et de salles de concerts dans les quartiers et villages; (iii) Mettre en place un véritable Musée National et encourager la naissance de Galeries d’Art pour rendre visible le travail de nos artistes; (iv) Réhabiliter le CNDRS et lui faire jouer pleinement son rôle; (v) Doter le pays d’une Bibliothèque Nationale, de bibliothèques régionales et mettre en place un système de bibliothèques ambulantes qui sillonneront les zones rurales; (vi) Encourager la création et le développement d’un Cinéma comorien.
· Donner à notre culture sa place dans l'Océan Indien et sur le plan international: (i) Doter chacune des nos ambassades d’un réel service culturel; (ii) Encourager l’organisation des festivals (de musique, de contes, de films…) en invitant des artistes étrangers qui seraient alors les vecteurs de notre culture ailleurs; (iii) Encourager des résidences d’artistes dans notre pays; (iv) Faire de nos artistes et écrivains les ambassadeurs de notre culture en leur permettant de participer aux manifestations internationales (salon du livre, expos, festivals…); (v) Création d’un orchestre national et d’une troupe de danse qui seront la vitrine de notre culture.
· Placer la culture comme moyen de développement économique: (i) Réhabiliter et promouvoir les sites historiques; (ii) Encourager le développer l’artisanat traditionnel; (iii) Encourager nos artistes vivant à l’étranger à mener leur travail aux Comores (tournage de clips ou de films, défilés, expositions…); (iv) Inciter les artistes étrangers à découvrir les Comores et à y travailler.
· Faire de l'artiste un réel acteur de a vie socio-économique: (i) Mettre en place un cadre juridique permettant de protéger l’artiste et son œuvre (copyright et propriété intellectuelle); (ii) Faciliter la création de nos artistes par des aides (pas forcément financières); (iii) Mener une campagne de sensibilisation sur la protection des œuvres culturelles.
7.2. Réhabiliter le sport· Encourager le sport en général
· Créer des structures pour accueillir les activités sportives
· Favoriser la culture professionnelle du sport comorien· Réconcilier l'étude et le sport par la création de compétition inter-écoles.
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Une élection test (Jeune-Afrique)
COMORES - 2 avril 2006 - par JEAN-DOMINIQUE GESLIN ET MOHAMED INOUSSA
Quatorze candidats sont en course pour la succession, le 16 avril prochain, du président Azali Assoumani, qui ne se représente pas.
Cette fois, ça passe ou ça casse. Le premier tour de l’élection présidentielle comorienne qui doit se tenir le 16 avril prochain fait figure de test. De son bon déroulement dépend l’avenir des nouvelles institutions adoptées par référendum le 23 décembre 2001. Selon la Loi fondamentale, la présidence de l’Union doit obéir à une rotation entre les trois îles. Le colonel Azali Assoumani, originaire de celle de Grande-Comore et élu en avril 2002 à la tête du pays, cédera donc son fauteuil à une personnalité d’Anjouan. Une primaire sera organisée dans l’île pour départager les postulants. Les trois premiers se présenteront ensuite devant l’ensemble du corps électoral de l’archipel, qui élira ainsi son nouveau chef de l’État. Une perspective qui suscite la défiance de certains, notamment en Grande-Comore, où l’on craint que le destin du pays ne soit remis entre les mains d’une personnalité issue d’une île longtemps suspectée de velléités séparatistes.
Pas moins de quatorze candidats sont en lice pour la primaire : des personnalités de second rang, une brochette de cadres de l’administration nationale, mais aussi des noms familiers du microcosme politique comorien. Reste à savoir lesquels d’entre eux sont susceptibles de se qualifier pour la finale. Parmi les poids lourds, on peut d’ores et déjà citer Ibrahim Halidi, ancien Premier ministre sous le régime de Mohamed Said Djohar, qui portera les couleurs de la Convention pour le renouveau des Comores (CRC, au pouvoir). L’homme a l’avantage d’être issu de Nyumakélé, la région la plus peuplée de l’île, qui se sent aujourd’hui en marge de la gestion du pouvoir local. En outre, il conserve une image d’antiséparatiste.
Le parti du chef de l’État sortant a dû finalement lui accorder son soutien dans la mesure où celui qu’on a présenté comme son candidat naturel, le vice-président sortant (démissionnaire depuis le 27 février dernier), Mohamed Caabi Elyachroutu, a choisi de faire cavalier seul. Originaire d’Anjouan, ce dernier n’a jamais caché ses divergences de vue avec le chef de l’État et aurait refusé d’endosser la casaque de la CRC, de peur de devoir assumer le bilan du gouvernement. Il est vrai qu’il s’est opposé à certains choix de l’équipe d’Azali, notamment celui de procéder à la hausse des prix des produits pétroliers en septembre 2005. Sa défection a été perçue comme un coup de poignard dans le dos par la mouvance présidentielle, qui ne désespère pas cependant d’être représentée au second tour.
Autre candidat auquel les pronostics accordent de bonnes chances de figurer dans le trio de tête des primaires, le leader religieux Ahmed Abdallah Sambi, surnommé l’« Ayatollah ». Cet homme d’affaires au verbe haut, formé en Iran et amateur de basket-ball, n’a pas attendu 2006 pour entrer en campagne. Depuis trois ans, il rêve de briguer la présidence de l’Union des Comores et ne s’est jamais privé de critiquer publiquement les régimes précédents. À la radio, les prêches de cet excellent tribun battent des records d’audience et tranchent avec les discours religieux traditionnels. On le décrit souvent comme un intégriste, mais lui s’en défend. « Tous ceux qui me connaissent vous le diront : je ne suis pas un fanatique. Et je n’admets pas la violence », a-t-il déclaré à l’hebdomadaire comorien Al-Watwan. En revanche, Sambi ne se prive pas de recourir à une certaine dose de démagogie. Il promet notamment à ses compatriotes de faire disparaître l’habitat précaire de l’archipel. Un discours qui trouve un large écho au sein des couches les plus défavorisées de la population. S’il a des chances d’être sélectionné le 16 avril à Anjouan, en revanche, sur les autres îles, on ne lui a jamais pardonné sa collaboration, quoique éphémère, avec le mouvement séparatiste.
Derrière ces trois grosses pointures, d’autres concurrents font également parler d’eux. C’est le cas de Nassuf Ahmed Abdallah, fils de l’ex-chef de l’État Ahmed Abdallah et conseiller du président Azali. Mais aussi d’Abdourahmane Mohamed Ben Ali (41 ans), secrétaire général de la Société comorienne d’eau et d’électricité (Ma-Mwé), et du linguiste Mohamed Ahmed Chamanga. Parfaitement inconnus sur la scène politique, ces deux derniers ont décidé de se jeter dans la mêlée et de donner du punch à cette présidentielle. L’un et l’autre entendent tenir un discours neuf à la population. Mais Ben Ali part avec un léger handicap : il n’est anjouanais que de père et parle assez médiocrement le dialecte de l’île. Chamanga, en revanche, peut se prévaloir d’un engagement très ferme contre le séparatisme au plus fort de la crise. Mais au-delà des sentiments unionistes des uns et des autres, un élément semble devoir faire la différence : le soutien de l’actuel président de l’île autonome d’Anjouan, Mohamed Bacar. Le candidat qui en bénéficiera disposera d’un avantage certain sur ses concurrents.
Sur le terrain, la campagne bat son plein, et les autorités préparent les échéances avec le concours de la communauté internationale. Alors qu’en novembre 2005 le président Azali avait fait part de son incapacité d’organiser, dans des conditions libres et démocratiques, une élection sur Anjouan, il semble aujourd’hui être parvenu à faire entendre son appel aux partenaires du pays. Depuis le 22 mars, 462 observateurs militaires (en majorité sud-africains) sont déployés dans l’archipel sous l’égide de l’Union africaine avec pour mission de sécuriser les élections. Ils assureront également la logistique du scrutin et resteront présents sur l’ensemble du territoire jusqu’à l’investiture du futur président de l’Union, le 29 juin au plus tard.
Jean-Dominique Geslin et Mohamed Inoussa
Jeune-Afrique n°2360, 03/04/06
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09.04.2006
Programme (8) : Quatre priorités
6. Mettre en œuvre des politiques multisectorielles pour développer le capital humain: Education, Citoyenneté, Santé, Démographie et Emploi
Le facteur démographique explique la montée régulière de cette pauvreté déjà massive; toutes les études montrent que les familles nombreuses sont plus exposées à la pauvreté. Quelle est la politique menée depuis l'indépendance pour infléchir la croissance démographique (2,7 % par an, soit un doublement de la population tous les 23 ans, avec une taille moyenne de 6 enfants par ménage) ? Quelles sont les solutions durables apportées aux jeunes de moins de 20 ans qui représentent presque invariablement 57% de la population, une structure qui pose de toute évidence, d’énormes défis au pays, surtout en matière d’éducation, de santé, de nutrition, d’emploi, de culture et loisirs ? Les comoriens doivent se rendrent à l'évidence qu'en plus de la mise en œuvre de programmes sectoriels inefficaces, la croissance démographique reste le premier déclencheur de la dégradation des conditions de vie des ménages et des potentialités, observée depuis le début des années 1990.
Notre système éducatif accuse un retard. Le résultat actuel en terme de taux brut de scolarisation tous niveaux confondus n'est que de 45 %, avec une qualité moindre d'un enseignement général très peu orienté vers le marché du travail. Même l'enseignement primaire qui est un droit fondamental, est dispensé avec des capacités d'accueil limitées en dépit de la double vacation institutionnalisée dans le pays, et une qualité faible de l'environnement scolaire (les établissements scolaires, les matériaux didactiques et les programmes d'instruction). Cette faible performance du secteur éducatif est partiellement corrigée par l'émergence d'écoles privées qui ne sont accessibles que par une partie de la population moins pauvre. Dans le même temps, l'offre insuffisante d'établissements de formation technique et professionnelle vient aggraver l'inadéquation entre l'offre et la demande de main d'œuvre qualifiée sur le marché du travail. Ce retard du système éducatif est aussi démontré par l'absence de progrès significatif en matière d'alphabétisation des adultes (15-24 ans), qui s'élève à 57 % en 1990 contre 59 % en 2004. L'exemple réussi des pays insulaires tels que Maurice, est que tous les efforts réalisés en matière de qualité du système éducatif, se sont traduits en termes de progrès économique et social. Mais pour le cas des Comores, on observe deux tendances contradictoires conséquences directes du retard de notre système éducatif et de la configuration économique duale -agriculture de subsistance et commerce-. L'accès à un niveau d’instruction primaire a le plus grand effet positif en termes de réduction de la pauvreté durable, mais dans le même temps, l’accroissement du niveau d’instruction (secondaire et supérieur) d'un individu est un facteur d’augmentation de la pauvreté transitoire, ce qui veut dire en d'autres termes, que le système éducatif produirait des chômeurs.
En matière de santé, notre pays a suivi l'exemple des autres pays sous-développés, en élaborant un Plan de Développement Sanitaire, Perspectives an 2010. A mi-parcours de ce plan, on observe une stagnation des progrès sanitaires. Pus grave encore, les progrès réalisés aux Comores sont précaires, au regard des résultats obtenus durant les vingt cinq dernières années. Les structures sanitaires sont mal équipées et des défaillances graves sont relevées au niveau de l'accueil et des qualités des soins qui sont par ailleurs devenus payants; ce qui exclut de facto plus de la moitié de la population comorienne en raison d'une pauvreté extrême. Cette stagnation d'une situation sanitaire précaire s'observe particulièrement en matière de santé de l'enfant: le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans (120 pour 1000 naissances vivantes en 1990 contre 73 en 2003), s'accompagne d'un retard de croissance de 42 % pour la même tranche d'âge.
En matière d'eau potable, la réalité n'est guère meilleure et se traduit par un accès très limité. Toutefois cette réalité est sujette à une confusion très grave de conséquences en terme de priorités de développement, un déni de la réalité de l'accès à l'eau potable, source de vie et de bonne santé. Plusieurs rapports publiés sur le plan international, indiquent que les Comores ont atteint l'objectif d'accès universel à l'eau potable avec un taux estimé à 96 % en 2004 contre 88 % en 1990. D'autres rapports et analyses indiquent à l'inverse que ces chiffrent sont sensiblement égaux au taux de la population privée d'accès à l'eau potable. Ce qui est en cause, c'est la qualité, la régularité, la distance la plus proche par rapport au point d'eau et le faible stock d'eau disponible: à Ngazidja, près de 75 % des ménages utilisent les citernes traditionnelles recueillant l'eau de pluie qu'on peut difficilement considérer comme salubre; à Ndzuani et Mwali, le stock d'eau s'est amenuisée, conséquence d'un déboisement incontrôlé, sans compter que les adductions d'eau sont vétustes et sources de fuites d'eau très importantes.
Le chômage et le sous-emploi constituent un des principaux déterminants de la pauvreté. Le chômage estimé à environ 14 %, concerne surtout les jeunes âgés de moins de 25 ans (18 % des jeunes hommes et 20 % des jeunes femmes) et parmi eux, un chômeur sur trois a atteint le premier cycle du secondaire. Ces chiffres inquiétants semblent en plus être sous-estimés et incluraient les sous-emplois et les emplois précaires, quand on sait que l'agriculture, l'élevage et la pêche dominent toujours l'emploi avec 70 % de la population active. Il enfin noter l'arrivée chaque année de 10000 à 15000 nouveaux arrivants sur le marché du travail, et qui ne peuvent pas être absorbés par les structures économiques actuelles et/ou par la fonction publique, qu'elle soit nationale ou régionale.
La croissance démographique rapide et non maîtrisée, la transmission intergénérationnelle de la pauvreté, les politiques publiques inefficaces dans le développement du capital humain et les crises politiques et institutionnelles à répétition, ont engendré une identité négative des comoriens et des jeunes en particulier. L'identité de citoyenneté comorienne, qui implique l'appartenance à un Etat-nation, est particulièrement mise à mal par ce sentiment réel de dépossession de droits élémentaires tels que l'éducation, la santé et la sécurité, par les opportunités manquées en termes d'emploi et d'amélioration du niveau de vie, et par l'absence de réelles perspectives d'avenir. Dans ces conditions initiales, il est très difficile de mettre en place une politique vigoureuse de citoyenneté comorienne si en plus, les obligations du citoyen (impôts, respect de l'autre, absence de malversations, de corruption et de crimes …) ne sont que partiellement respectées en premier lieu par les responsables politiques.
Nous devons cibler notre politique sur les jeunes, qui sont le présent et l'avenir du pays, en capitalisant les synergies -apprendre, rester en bonne santé, travailler, fonder une famille, et exercer pleinement la citoyenneté comorienne-, qui impliquent des politiques multisectorielles, avec des effets positifs à moyen et long terme, sur la maîtrise de la croissance démographique, des meilleures conditions nutritionnelles et de santé, et sur la croissance économique.
6.1. Une éducation citoyenne, un enseignement de qualité qui vise à former un citoyen capable de s'insérer dans la vie active et de participer à la construction d'une société démocratique
· Lutter contre l'échec scolaire
· Promouvoir un enseignement primaire et secondaire de qualité, notamment en mettant l'accent sur la modernisation et l'actualisation des programmes d'éducation incluant la citoyenneté, la nutrition, la santé de la reproduction et la planification familiale
· Redynamiser la formation technique et professionnelle en vue d'élargir les opportunités du marché du travail pour les jeunes
· Créer un véritable statut pour les étudiants et les enseignants du supérieur
6.2. Améliorer l'état de santé de la population et réduire les comportements à risque en termes de santé
· En collaboration avec les communautés, mettre aux normes en équipement et personnel, l'ensemble des structures de santé de base, et faciliter l'accessibilité des populations pauvres aux soins de santé
· Restructurer les systèmes de santé de manière à mettre la priorité sur les besoins de santé des jeunes et l'information indispensable pour éviter les comportements à risque pour la santé: Maladies sexuellement transmissibles, VIH/SIDA, Drogue, Alcool, Tabac, mauvaise Nutrition
· Evaluer régulièrement la qualité et la régularité de l'eau potable, et mettre en œuvre des programmes visant l'amélioration des conditions d'accès dans les zones insuffisamment couvertes
· Soutenir les collectivités locales, dans l'organisation et la mise en place d'infrastructures de gestion des déchets et d’assainissement, qui posent de sérieux problèmes de santé publique
· Systématiser l'éducation nutritionnelle des parents dans les centres de santé de base
6.3. Lutter contre le chômage des jeunes
· Réduire la longueur de la transition entre l'école et le travail, à travers une politique de mise en place de l’apprentissage auprès des professionnels, des entreprises et de l'administration publique
· Définir et mettre en œuvre des instruments plus efficaces d’incitation à l’investissement privé de la part d’acteurs internes et externes
· Dynamiser et restructurer les secteurs du tourisme et l’artisanat qui peuvent accueillir la jeunesse de notre pays
· Encourager les initiatives individuelles en favorisant et en encourageant les entreprises ou micro-entreprises, et en rendant plus accessibles les micro-crédits
· Mettre sur pied des programmes de marché du travail actif, incluant les travaux d'utilité publique et la formation sur le tas
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Programme (7) : Quatre priorités
5. Réhabiliter et mettre en place des modes de gestion des infrastructures de soutien à la croissance économique et à la création d’emplois
L'exploitation des sources de croissance économique -Agriculture, Pêche et Tourisme- et la relance du secteur privé, se trouvent aussi handicapée par la faiblesse des infrastructures économiques, de communication et énergétiques. Ces infrastructures de soutien à la croissance économique et de désenclavement des îles et des populations, coûtent extrêmement chers et mettent près d'une dizaine d'années entre les études préalables, la construction et la mise en exploitation.
Le réseau routier aux Comores qui totalise 849 km, dont 665 km de routes bitumées et 184 km de routes et pistes en terre, se caractérise principalement par une largeur de chaussée rétrécie, une augmentation du trafic, une mauvaise répartition sur l'ensemble du territoire, et un enclavement de régions à densité humaine et à forte production agricole et de pêche, surtout à Ndzuani et Mwali. De plus, la circulation routière est devenue tellement dense avec un parc automobile vétuste, qu'elle présente des risques pour les populations.
Dans le domaine des infrastructures portuaires, chacun des ports, -Moroni, Mutsamudu et Bwangoma-, présente de problèmes spécifiques et nous devons impérativement tirer les leçons des choix techniques non judicieux opérés lors de leur construction et des solutions palliatives préconisées à ce jour. Le port de Moroni construit pendant la colonisation, absorbe la majorité des activités commerciales du pays, et ne peut recevoir à quai des bateaux de fort tonnage et, des études montrent qu'il serait techniquement difficile d'améliorer le faible tirant d'eau actuel (7,5 mètres). Le Port de Mutsamudu construit en 1982 en tant que port d’accueil et de transbordement du trafic maritime national, se trouve ensablé par les sédiments transportés par la rivière se déversant dans le bassin port, réduisant fortement le tirant d'eau initial de 14 mètres et limitant fortement l'accès aux bateaux de fort tonnage. L'accès maritime de Bwangoma a été réalisé en 1999-2001 n'a pas atteint son objectif spécifique de désenclavement de l’île et de communication inter-îles, avec un pourcentage d'utilisation variant de 50 à 70 % dans l'année et un transbordement de passagers et de marchandises qui se réalise par des pirogues avec des risques d'accident.
Les infrastructures aéroportuaires se caractérisent par un trafic limité, une dégradation des pistes, l’absence d’équipements de sécurité et le manque de clôture, trois facteurs qui compromettent la sécurité du transport aérien inter-îles. Un projet d'agrandissement de l'aéroport international (AIMPSI) sis à Hahaya, est en cours.
Les télécommunications ont connu une diversification, avec la mis en place un réseau de téléphones mobiles en complément à celui des téléphones fixes déjà saturé depuis longtemps. L'accès par la population est très réduit en raison du coût élevé, tout reste à faire pour promouvoir les nouvelles technologies, et en particulier, l'accès à INTERNET.
Le secteur énergétique est dominé par une production d’électricité basée sur l’exploitation des centrales thermiques installées, avec des coûts et des pertes de production très élevés, associés à des prix parmi les plus cher du monde, limitant ainsi le développement du secteur privé et l'accès de l'énergie électrique par la population.
Nous devons corriger dans la mesure des ressources disponibles, la faiblesse des infrastructures économiques, de communication et énergétiques, due en raison de la crise politique et économique que le pays a connue et qui résulte aussi, des choix techniques contestables opérés par les responsables politiques, ainsi que de leur gestion déficiente. Cette faiblesse des infrastructures constitue un blocage à la relance de la croissance économique car elle handicape la compétitivité des entreprises par des coûts de facteurs de production très élevés, et elle limite les opportunités pour les investisseurs potentiels nationaux et étrangers. Aussi, vu la configuration géographique de notre pays en archipel de quatre îles, nous devons corriger les déficiences des infrastructures pour rendre visible la continuité territoriale, favoriser les échanges économiques et le contact entre les populations, et permettre un meilleur accès à l'énergie électrique et aux communications.
5.1. Redéfinir les priorités en matière d'aménagement des routes et des rues
· Concertation avec les partenaires locaux (Iles autonomes, mais aussi régions, villes et villages) afin de déterminer les priorités dans ce domaine et les possibilités de financement
· Prise en charge des aménagements nécessaires des axes les plus fréquentés et leur entretien régulier. Ces axes doivent recouper les routes prioritaires permettant le désenclavement de certaines régions et le renforcement des pôles économiques à vocation agricole ou touristique
· Initier une réforme visant l'amélioration de la qualité des services de transports urbains et inter-urbains
5.2. Accompagner les réformes en cours visant l'amélioration de la gestion des ports maritimes et restructurer les transports maritimes pour les rendre conformes aux normes de sécurité
· Soutenir le processus de relance des activités portuaires à Mutsamudu avec des opérateurs de renommée internationale, pour en faire un port à vocation régionale (Contrat signé en Août 2005 avec la Société danoise MAERSK), à travers la recherche d'une solution efficace et soutenable financièrement pour le désensablement du bassin du port
· Poursuite de la modernisation et l’agrandissement du port de Moroni
· Réalisation d'un bilan sur la cession de pavillons de complaisance et annulation des contrats signés avec certains armateurs douteux
· Inspection régulière de tous les bateaux de transport d’hommes et de marchandises entre les quatre îles, pour vérifier leur conformité avec les normes de sécurité en mer
· Rendre plus efficace la surveillance de nos côtes pour empêcher toute intrusion d’éléments étrangers dans l’archipel comme cela a été possible à plusieurs reprises dans le passé
5.3. Soutenir le développement du secteur privé dans le domaine des transports aériens et la mise en place d'une compagnie nationale avec des capitaux publics et privés
· Mise en place prioritaire d’une compagnie nationale, en associant des capitaux publics avec des capitaux issus de la Diaspora ou d’investisseurs étrangers ou encore en collaboration avec une grande compagnie internationale. Cette compagnie devra permettre le désenclavement de l’archipel en prévoyant des liaisons avec les pays voisins (Réunion, Afrique du Sud, Madagascar) ou avec des pays très visités par les Comoriens (Dubaï); et effectuer une liaison hebdomadaire entre Paris, Marseille, Moroni et Dzaoudzi
· Prospecter et encourager des sociétés privées à vocation régionale pour accompagner le développement du tourisme
5.4. Initier une réflexion nationale et les études préalables à la mise en place des infrastructures économiques, de communication et énergétiques, visant le développement à long terme des Comores
· Engager une réflexion visant la définition d'une stratégie de développement intégré et équilibré des infrastructures sur l'ensemble du pays
Intégrer ladite réflexion dans le plan de développement à long terme qui serait approuvé en 2008 et qui remplacera la Stratégie intérimaire de Croissance et de Réduction de la Pauvreté (SCRP-I).
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