03.04.2006

Logo et Affiche

Voici le logo et l'affiche officielle qui ont été élaborés par les Comités de campagne :

Le logo choisi et qui est sur les affiches représente la lune (croissant), symbole des Comores (Al-kamar) avec une famille (le père habillé en kandu, un garçon, une fille et la mère) qui se tient par la main et qui est encerclée par un autre symbole des Comores depuis l'autonomie interne : les quatre étoiles représentant les quatre îles de l'archipel (Ngazidja, Ndzuani, Maore, Mwali).

 

 

L'affiche officielle, en plus de la photo du candidat porte tout en haut les 4 mots clefs choisis par les Comités de campagne : Umoja (Unité) - Haki (Justice) - Hazi (Travail) - Mwendeleo (Devéloppement).

Les deux Vice-Présidents (Saïd Ahmed Saïd Toihir, Ngazidja et Mme Anrafatilhair Allaoui Halidi) sont indiqués en bas à droite, juste en dessous du nom du candidat qui barre l'affiche verticalement. 

Programme (2) : Introduction

Les Comores traversent une crise structurelle dont une des manifestations évidentes, est le séparatisme insulaire prôné à Maoré depuis les années 60, à Ndzuani en 1997 et qui a failli par la suite, gagner Ngazidja et Mwali. Les débats et positions politiques autour de ces différentes formes de séparatisme insulaire, révèlent la nature multidimensionnelle des problèmes structurels qui sont à la fois, politiques, économiques, sociaux et environnementaux.

 

La nature et la durée du processus engagé pour résoudre la crise séparatiste anjouanaise, illustrent l'insuffisante prise en compte des dimensions multiples de nos problèmes structurels, et la primauté des solutions politiques recherchées, au détriment des préoccupations fondamentales des Comoriens, exposés à une pauvreté massive et qui tend à croître contrairement à ce qu'affirment les analystes de l'équipe du Colonel AZALI: "l'incidence de la pauvreté monétaire parmi les individus qui était de 54,6 % en 1995 pour l'ensemble du pays, semble s'être réduite à 44,8 % en 2004"

 

D'après les rares données, qui manquent souvent de cohérence, il nous faut retenir qu'un Comorien sur deux est un pauvre extrême qui souffre en plus de malnutrition. Cette pauvreté plus accentuée à Ndzuani où vivrait un pauvre sur deux, s'installe dans les milieux ruraux de Ngazidja et de Mwali et commence à être très visible dans le milieu urbain et particulièrement, dans la capitale Moroni.

 

La pauvreté est une réalité vécue au quotidien par la majorité des Comoriens. Et nous avons toutes les raisons objectives de croire que cette pauvreté massive tend à croître:

·        La croissance démographique forte avec comme conséquences, la dégradation de l'environnement et des conditions de vies des ménages -Nutrition, Santé, Education, Emploi-;

·        L'illusion d'un fort capital social et des transferts monétaires en particulier, considérés comme moyens de lutte contre la pauvreté, mais qui restent à la fois fragiles et concentrés sur certaines franges de la population comorienne;

·        Une aide extérieure indispensable au développement, en constante régression

·        la mauvaise gestion économique et de la corruption à l'ombre du pouvoir

·        l'instabilité politique, l'insularité et la fragilité de nos institutions économiques, sociales et politiques

·        Une croissance économique insuffisante pour stabiliser la pauvreté

 

Ces principales raisons d'une pauvreté massive et croissante, nous ramènent à cette problématique multidimensionnelle, et la nécessité d'envisager une stratégie cohérente et globale pour briser le cercle vicieux de la pauvreté. Ce qui ne semble pas être le cas, dans le cadre du processus de sortie de crise séparatiste, engagé depuis 1997. Nous observons que la transition économique souhaitable pour améliorer les conditions de vie des ménages et la durabilité environnementale et sociale, sont gravement compromises par le traitement partiel de nos problèmes structurels, mais récupérées sous forme de conférences de bailleurs de fonds avec des programmes peu pertinents, et aussi sous la forme d'accords politiques dont la mise en œuvre et le suivi, se heurtent presque toujours à des désaccords provoqués par des manœuvres politiciennes sans fin:

·        Conférence des amis des Comores (Paris, Juillet 2001), avec un engagement financier de 11,5 millions de dollars pour 12 mois de transition; Conférence des donateurs en faveur de l'Union des Comores (Port-Louis, Décembre 2005) avec un Plan d'Action sur 4 ans évalué à 155 milliards de francs (400 millions de dollars)

·        Accord d'Addis Abeba (Décembre 1997), Accord d’Antananarivo (avril 1999), Accord de Fomboni (août 2000), Accord-cadre de réconciliation (février 2001), Constitution de l’Union des Comores (décembre 2001), constitutions des îles (mars et avril 2002), Accord sur les dispositions transitoires aux Comores (décembre 2003), Loi sur le partage des compétences (février 2005).

 

Que pense la majorité de la population comorienne sur cette primauté de la politique au détriment de la prise en compte de ses préoccupations fondamentales ? N'y a-t-il pas une grave crise de confiance entre les responsables politiques et les citoyens qui ne voient que de sombres perspectives d'avenir ? Les responsables politiques ont-ils tirés les leçons de la Constitution de 1978 et de la révision constitutionnelle d'octobre 1982, qui concernaient le partage des compétences entre l'Etat et les entités fédérées, avec comme résultat, la restriction de l'autonomie des îles faute de ressources financières suffisantes pour faire fonctionner l'Etat ? Le Nouvel ensemble comorien tel que conçu et mis en place, avec des comportements de pouvoirs exclusifs des responsables de l'Union et des Iles, ne risque t-il pas d'annihiler tous les efforts de développement et déboucher sur une crise encore plus grave pouvant encore menacer d'éclatement l'ensemble de l'Archipel des Comores ? Dans la nouvelle donne politique et institutionnelle, peut-on confiner l'action du Président de l'Union et son Gouvernement, à un rôle d'arbitre passif des Chefs des Exécutifs des Iles, ou au contraire, à des fonctions réellement assumées de leader ayant comme préoccupations fondamentales, la sauvegarde de l'unité politique, juridique, économique et sociale ? La Stratégie intérimaire de Croissance et de Réduction de la Pauvreté présentée lors de la Conférence de décembre 2005 à Maurice, peut-elle apporter des solutions durables à nos problèmes structurels ? Dans le contexte actuel marqué par des clivages politiques sans fin et d'absence de bonne gouvernance économique et financière, les financements sollicités lors de cette Conférence des donateurs, seront-ils mobilisés ou en d'autres termes, ne sont-ils pas conditionnés à une véritable culture de la responsabilité en matière de gestion des affaires publiques ?

 

(...)

 

Cette situation politique, économique, social et environnemental dans l'Archipel des Comores est très inquiétante et appelle de la part de tout citoyen comorien, un devoir de responsabilité historique pour relever les énormes défis et enjeux, afin de faire renaître l'espoir pour tous les Comoriens et en particulier, pour les jeunes, et simultanément rendre sa place aux Comores dans la région de l'Océan Indien et dans le concert des nations du monde libres et démocratiques.

 

Notre ambition commune pour les quatre années de mandat à la présidence de l'Union des Comores, est de jeter les bases d'un développement durable et de susciter un espoir pour les générations futures. Et les Comoriens doivent se rendre à l'évidence qu'il n'est pas facile de résoudre les problèmes politiques, institutionnels, sociaux et économiques posés depuis 1946, et dont les solutions partielles apportées par nos responsables politiques depuis l'accession de notre pays à l'indépendance le 6 juillet 1975, n'ont fait que conduire le pays dans le marasme économique et exacerber les tensions sociales et politiques, au point de mettre en péril l'Etat-Nation. Notre vision du développement est centré sur l'objectif majeur de désenclaver l'Archipel des Comores, les îles et les esprits, en enrayant la montée régulière d'une pauvreté déjà massive et en visant une durabilité sociale et environnementale. Il s'agit pour nous d'amorcer ce processus de longue haleine dont les premiers résultats durables ne seraient visibles que dans le moyen et long terme, si les comoriens adhèrent pleinement et consentent dans le court terme, les sacrifices nécessaires pour endiguer nos problèmes structurels.

 

Pour mettre en œuvre cette politique dans les quatre prochaines années, nous visons deux objectifs stratégiques:

·        Créer les conditions nécessaires pour sortir le pays du marasme économique

·        Mettre en place des programmes et actions visant à enrayer la montée régulière d'une pauvreté déjà massive

 

Notre politique sera mise œuvre autour des ces deux objectifs stratégiques, à travers dix objectifs spécifiques, dont la réalisation progressive et simultanée, permettra de concrétiser à terme, notre vision du développement de l'Archipel. Ces objectifs spécifiques sont tous prioritaires et nous devons nous rendre à l'évidence que ce n'est pas dans le cadre d'un mandat de quatre ans qu'ils seraient susceptibles d'être atteints, si les conditions minimales sont réunies. C'est pourquoi nous devons insister sur l'impérieuse nécessité de classifier ces dix objectifs spécifiques en trois catégories, pour bien tracer le cheminement de notre action politique vers la réalisation de notre vision qui est de jeter les bases d'un développement durable et de susciter un espoir pour les générations futures.

 

Nous n'insisterons pas assez sur l'importance de la stabilité politique et institutionnelle, ainsi que des financements extérieurs, pour amorcer un développement économique durable, c'est pourquoi nous avons défini deux préalables indispensables pour concrétiser notre vision politique:

1.      La prévention et la gestion des sources d’instabilité politique et sociale pour restaurer la confiance et l'espoir

2.      Une Diplomatie au service de l’indépendance des Comores et une Coopération pour le développement

 

Toutefois, ces deux préalables indispensables ne constituent pas une finalité de notre vision politique, et elles ne répondent qu'indirectement aux préoccupations fondamentales des comoriens. Ainsi, nous avons identifié quatre priorités centrées sur les politiques de réformes économiques et sociales destinées à amorcer une croissance économique soutenue et à améliorer les conditions de vie des comoriens:

3.      Une culture de gestion publique transparente, saine et efficace, comme seule issue consolider le nouvel ensemble comorien

4.      Exploiter au mieux les trois principales sources de croissance -Agriculture, Pêche et Tourisme-

5.      Réhabiliter et mettre en place des modes de gestion des infrastructures de soutien à la croissance économique et à la création d’emplois

6.      Mettre en œuvre des politiques multisectorielles pour développer le capital humain: -Education, Citoyenneté, Santé, Démographie et Emploi-

 

Le développement économique ne peut être socialement durable que si l'on lutte contre toute forme d'inégalités, qu'on préserve l'environnement et qu'on mette véritablement à contribution, le capital socio-culturel au service du développement et d’une cohésion sociale durable. Pour ce faire, nous devons intégrer quatre conditions nécessaires pour réaliser nos deux objectifs et concrétiser à terme, notre vision du développement de l'Archipel:

7.      La culture, un facteur de développement et le socle de l’unité nationale

8.      L'utilisation judicieuse des ressources humaines et financières de la Diaspora pour un développement équilibré

9.      Préserver l’environnement et Prévenir les risques écologiques

10.  Lutter contre les inégalités économiques, sociales et spatiales

 

Les grandes lignes d'actions qui sont définies pour les dix objectifs spécifiques, constituent le socle de base de notre vison du développement de l'Archipel, qui fera l'objet d'un suivi annuel des progrès réalisés et des problèmes rencontrés, qui fera l'objet d'une communication spéciale à la nation. Cette vision du développement sera adaptée tenant compte de ce suivi pour s'assurer des meilleurs résultats en terme de développement économique et social.

 

Autour de ces grandes lignes d'actions, nous ambitionnons de bâtir une véritable stratégie de développement à long terme et la mettre en œuvre à partir de 2008. Dans la phase intérimaire de notre action politique, 2006-2007, nous engagerons les processus de réformes urgentes et nous nous attellerons à faire un suivi rapproché de la Stratégie intérimaire de Croissance et de Réduction de la Pauvreté, qui a reçu le soutien des partenaires au développement mais dont le plan d'actions est déconnecté de la réalité vécue par les comoriens. Il s'agit en somme de conduire en 2006-2007 un véritable processus participatif avec l'ensemble des acteurs sociaux, cette stratégie de développement à long terme de développement, sur la base d'analyses et de plans d'actions pertinents et réalistes. Et ce n'est qu'à l'issue de ce processus participatif que nous serons en mesure de mettre en œuvre des politiques et programmes particulièrement centrés sur l'atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) auxquels notre pays a souscrit en 2000, à l'instar des autres pays dans le monde.


Programme (1) : Avant propos

Trente années se sont écoulées depuis que notre pays a accédé à son indépendance. Il n’y a pas de doute : celle-ci nous a apporté plus de dignité et de liberté, mais force est de constater que le pays est plongé dans une instabilité chronique, d’une part en raison de l’intervention de mercenaires étrangers, et d’autre part, à cause des coups d’Etat militaires, sapant ainsi toute possibilité de construction d’un Etat fort et de progrès socio-économiques.

Aujourd’hui le pays risque l’éclatement.

En effet, en 1997, Anjouan a déclaré son « indépendance », plongeant un peu plus encore le pays dans une crise sans précédent et mettant la nation comorienne en péril. Après de longues et difficiles négociations, la Constitution du 23 décembre 2001, donne naissance à l’Union des Comores, accordant une large autonomie aux îles.

Mais, en dépit des nombreuses résolutions des Nations Unies, Mayotte reste occupée par la France. Après quatre ans d'existence, l’Union des Comores a montré ses insuffisances. La mauvaise entente entre les hommes politiques n’a pas permis d’établir la confiance entre ses différentes composantes, d’où certains blocages observés dans le bon fonctionnement des institutions de l’Etat ces dernières années. Nous nous apercevons que si une constitution est nécessaire pour fixer les règles fondamentales du fonctionnement et de l’organisation étatique, elle ne se suffit pas à elle même, il faut aussi des femmes et des hommes animés de la volonté de servir l’Etat pour le bien-être du plus grand nombre.

Or, aujourd’hui, les autorités de l’Union n’ont pas rompu avec les pratiques qui ont conduit le pays dans une situation désastreuse : gestion opaque des finances publiques, administration moribonde, enseignement et emploi sacrifiés, jeunesse laissée pour compte, agents de l’Etat précarisés, santé publique négligée, environnement détruit, droits de l’homme bafoués, justice muselée, régionalisme exacerbé.

Comme si cela ne suffisait pas, les tiraillements entre les autorités continuent de plus bel et plongent la population dans une misère de plus en plus insupportable. Malheureusement, tel est le triste décor que les Comores offrent au monde. C’est dans ce contexte qu’en avril prochain, les Comoriens seront appelés à élire le Président de l'Union qui veillera aux destinées du pays pour les quatre années à venir. La nouvelle constitution impose une présidence tournante. Après le Président Azali Assoumani, c’est au tour d’un originaire de l’île d’Anjouan que revient la lourde tâche d’assurer cette présidence de l’Union.

Gageons que plusieurs fils de notre chère nation seront candidats à cette haute fonction. La plateforme qui suit regroupe les idées et les actions envisagées par l’un d’eux, Mohamed Ahmed-Chamanga s’est donné d’abord pour ambition de recréer les conditions d’une véritable réconciliation nationale puis de donner aux Comoriens l’envie et les moyens de reconstruire notre pays.